La fourbure (article complet)

Maladie complexe et fréquente, la fourbure est, avec les coliques, la deuxième cause la plus fréquente de décès chez nos équidés.

 Maladie douloureuse, à pronostic souvent sombre si son évolution ne va pas dans le bon sens, la fourbure effraie – à juste titre – tous les propriétaires de chevaux et elle peut être un vrai calvaire à l’issue souvent fatale pour l’animal qui en souffre.

 D’apparition lente et insidieuse ou, au contraire, de survenue brutale et sévère, la fourbure peut toucher tous les types d’équidés – chevaux, ânes, poneys – de tous âges, aussi bien chez le mâle que chez la femelle.

SOMMAIRE :

1. La fourbure, qu’est-ce que c’est ?

2. La forme aiguë et la forme chronique de la fourbure

3. Les causes de la fourbure

4. Plusieurs  symptômes

5. La structure du pied du cheval

6. Pathogénie = mécanismes d’installation de la fourbure

7. Divers types d’atteintes des vaisseaux sanguins sont possibles :

a)  vasodilatation et manque de tonicité des vaisseaux

b)  les vascularites

c)  un sang de composition anormale et de consistance problématique

d)  les immuns-complexes

8. Des conséquences catastrophiques

9. Les médicaments classiques

10. Les types de plantes pouvant aider un cheval fourbu

11. Prévention de la fourbure

12. Conclusion

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1. La fourbure, qu’est-ce que c’est ?

La fourbure est une maladie du pied pouvant toucher 1, 2, voire les 4 membres, même si les antérieurs sont plus souvent touchés que les postérieurs.

Localisées dans les extrémités, les perturbations métaboliques causées par divers facteurs entraînent des douleurs dans le pied : le cheval a alors « mal dans ses pieds » (ou « mal dans ses sabots »), à tel point qu’il lui est difficile de se déplacer.

Si son problème de fourbure n’est pas résolu rapidement, il s’aggravera au point que le cheval ne pourra plus marcher et se couchera toute la journée, assombrissant d’autant le pronostic.

Les mécanismes d’apparition et de développement de la maladie sont expliqués plus bas dans ce texte (voir les paragraphes 6 et 7).

En terme de phytothérapie, la fourbure est une « maladie de surcharge », c’est-à-dire qu’elle est la résultante d’un organisme qui est dans le « TROP » (trop de nourriture, une nourriture trop riche, trop de graisse, trop de poids,…). On verra que cela aiguillera le choix des plantes qui pourront aider le cheval fourbu.

 

2. La forme aiguë et la forme chronique de la fourbure

D’apparition brutale, la forme aiguë est souvent impressionnante tant l’animal montre de la douleur importante et ne peut quasiment plus se déplacer.

Par définition, la forme aiguë date de moins d’une semaine.

Si la maladie dure depuis plus d’une semaine, elle devient chronique.

Comme presque toute fourbure dure souvent plusieurs semaines, c’est une maladie dont la forme chronique et récidivante est la plus fréquente.

D’apparition souvent plus lente et insidieuse, la forme chronique s’installe pendant plusieurs jours de façon parfois inaperçue et finit par durer depuis plus d’une semaine.

Plus les jours passent, plus la douleur s’installe, le cheval marche de moins en moins bien, le tableau clinique s’aggrave, l’état général de l’animal se dégrade.

D’un point de vue médical, certains distinguent 4 stades de gravité de la fourbure.

 

3. Les causes de la fourbure

Les causes d’apparition de la fourbure sont diverses :

  • le surpoids :

très connue et redoutée chez le poney un peu « grassouillet », la fourbure atteint plus souvent un animal en surpoids, même modéré, ou un animal ayant vu son poids se modifier récemment.

  • les troubles digestifs, d’ordre gastrique ou intestinal, en lien direct avec l’alimentation :

la fourbure voit une recrudescence d’apparition lors de certains moments de l’année, notamment quand l’alimentation est particulièrement riche en jeunes pousses d’herbe (donc au printemps et lors de la repousse d’automne dans certaines régions).   Cela peut aussi se produire quand on nourrit l’équidé avec trop de grains par rapport à ses besoins.  Tout changement brutal d’alimentation ou toute colique  peut aussi provoquer de la fourbure.

  • le parasitisme digestif (pouvant déboucher sur des troubles digestifs passant parfois inaperçus) :

malheureusement, le cheval peut être infesté par bon nombre de parasites digestifs différents. On insistera donc jamais assez sur l’importance de la vermifugation régulière (3 à 4 fois par an, avec des molécules variées) du cheval chez qui le parasitisme digestif peut tuer.

  • la surcharge hépatique :

le foie est un organe-clé du corps car c’est un véritable carrefour, une sorte de « dispatching central ». En effet, tout passe par lui : ce qui rentre (aliments), ce qui doit sortir (déchets, toxines,…). Si le foie est surchargé et ne peut plus travailler correctement, cela va avoir des répercussions vasculaires (détoxification du sang se passant moins bien, inflammation vasculaire, notamment via les « voie des polyols », etc). Et comme ce sont les tout petits vaisseaux qui vont souffrir en premier lieu, ce sont donc les capillaires des pieds qui vont développer les premiers problèmes et conduire à la fourbure.

  • un trauma ou une blessure du pied (abcès, clou de rue, hématome,….) :

la fourbure peut apparaître sur le pied blessé, mais peut aussi survenir sur l’autre pied, suite à un report de poids sur le membre sain. Mais si le problème dure trop longtemps, on risque de voir la fourbure sur les 2 pieds.

  • un travail inadapté au cheval, à son âge, à son niveau d’entraînement ou sur un sol inadapté :

cette inadaptation des pieds du cheval par rapport aux charges subies peut déboucher sur des déséquilibres de répartition des charges, des tensions et des pressions sur les diverses parties du pied. A la longue, cela peut entraîner des conséquences vasculaires néfastes, et donc de la fourbure.

  • toute maladie infectieuse du cheval :

toute infection par un pathogène (bactéries, virus, parasites) entraîne une réaction de défense de l’organisme. De grosses cellules immunitaires sont alors chargées d’attaquer ces intrus. Une fois ces microbes morts, d’autres cellules doivent nettoyer le site infectieux et se débarrasser de ces corps étrangers. Il y a alors formation d‘immuns-complexes, c’est-à-dire de grosses molécules (associant une molécule immunitaire du cheval et un microbe détruit).

Le problème, c’est que ces grosses molécules sont transportées dans le sang pour être éliminées de l’organisme, en passant notamment par les plus petits vaisseaux du corps : les capillaires. Or comme elles sont grosses, elles se bloquent souvent dans ces capillaires, les bouchant et les empêchant d’irriguer correctement les zones en aval. De petites ischémies* (manque d’oxygène) vont alors provoquer des nécroses de ces zones qui ne sont plus irriguées.

* ischémie = manque d’oxygénation dans un tissu ou un organe, par arrêt ou insuffisance de la circulation sanguine, entraînant ainsi sa nécrose.

NB : une autre complication d’une infection peut aussi se traduire par une forme oculaire, à savoir la « fluxion périodique » (ou uvéite équine = iridocyclite).

  • l’état de convalescence , suite à toute maladie ou toute chirurgie :

lors de la convalescence d’un cheval suite à n’importe quel problème, la fourbure est une complication très redoutée comme conséquence du désordre métabolique et du stress subi par l’animal.

  • la déshydratation :

c’est une cause fréquente et importante de modification de la composition du sang, le rendant moins fluide, et donc il va moins bien circuler dans les tout petits vaisseaux, pouvant être à l’origine d’ischémies* localisées

  • la gestation, la rétention placentaire, éventuellement la lactation :

comme la cause précédente, il y aura modification sanguine, entraînant des ischémies et des nécroses localisées dans les pieds.

 

Donc, suivant la cause, on parlera de fourbure liée à une endotoxémie (intoxication interne), ou de fourbure métabolique (par excès de nourriture, déshydratation,…)    ou de fourbure mécanique ou traumatique (hématome,…).

 

4. Plusieurs symptômes sont caractéristiques de la fourbure :

 la douleur ressentie dans les pieds atteints est l’un des symptômes majeurs.

La conséquence est que le cheval a du mal à marcher et à se déplacer : on dit qu’il « marche sur des œufs ».

Au départ, le cheval peut commencer par montrer un piétinement pour soulager son ou ses membre(s) atteint(s).

Puis la boiterie va être plus visible dès la marche.

Au repos aussi, cette douleur va finir par être manifeste : le cheval va essayer de soulager ses pieds en se reposant sur ses talons, reportant donc son poids vers l’arrière ; il va alors se retrouver dans la position du campé des antérieurs et du sous-lui des postérieurs.

Si la fourbure évolue et que la douleur devient trop importante, le cheval va se coucher.

Mais comme la douleur peut durer et s’empirer, il va rester par terre beaucoup trop longtemps, refuser de se relever, entraînant des complications (notamment coliques, myopathies, hématomes, escarres,…), assombrissant d’autant le pronostic. En effet, la plupart du temps, on craint qu’un cheval fourbu qui se couche ne se relève plus jamais…. en tout cas, c’est ce qu’on redoute le plus.

La chaleur est un autre symptôme caractéristique : les pieds atteints sont chauds au niveau des sabots, surtout sur la face avant.

Enfin, le pouls digité est plus marqué au niveau du canon.

 

5. La structure du pied du cheval

Comme il s’agit d’un problème de pied, voyons de quoi ce dernier est composé.La fourbure chez les ongulés

L’extrémité du cheval est composé d’un pied, lui-même « emballé » dans un étui corné : le sabot.

Le pied comprend diverses structures :

• des os : la 3° phalange, la moitié de la 2° phalange, l’os naviculaire (sésamoïde distal)

• des articulations (avec capsules articulaires) : l’articulation 2°-3° phalange, l’articulation englobant l’os sésamoïde

• des tendons

• des ligaments

• des vaisseaux sanguins se divisant de plus en plus, formant un véritable réseau de capillaires, ressemblant à des filaments (voir photo), ainsi que des vaisseaux lymphatiques

• le tissu conjonctif

• le podophylle (appelé aussi tissu feuilleté, tissu lamellé), qui entoure le pied et qui est très vascularisé (donc dans lequel courent les capillaires).

 

Ce podophylle a une structure externe dentelée comme un peigne, permettant de bien s’imbriquer dans la structure également vascularisée et dentelée de la face interne du sabot, qu’on appelle kératophylle (ou kéraphylle).

C’est un peu comme un pied dans une chaussure, mais au lieu que les surfaces de contact du pied et de la chaussure soient lisses, chez le cheval, ces 2 surfaces de contact sont toutes les deux dentelées, imbriquant donc leur « peigne » l’un dans l’autre, comme des doigts de gant (voir schéma).

Cela permet d’augmenter la surface de contact, et donc la surface de cohésion entre ces 2 structures qui doivent vraiment être comme « fusionnelles », pour résister aux diverses variations de pression et de charge que subissent les pieds.

Structure sabot

La structure interne d'un sabot de cheval

Le pied (sans le sabot) avec son podophylle en structure lamellaire (dentelée)

 

vue interne d'un sabot équin

Le kératophylle (ou kéraphylle) : vue de la face interne du sabot ;
il est également lamellé (pour une bonne imbrication avec
le podophylle, comme un pied dans une chaussure).

sabot : structure interne

Schéma montrant les diverses structures, de l’extérieur du pied vers l’intérieur.
Remarquez l’imbrication, tels des doigts de gant (ou peigne),
du kératophylle du sabot et du podophylle du pied.

 

6. Pathogénie = mécanismes d’installation de la fourbure

La donnée la plus importante pour comprendre la fourbure est de savoir que c’est une maladie due à un problème vasculo-sanguin.

Cela veut dire que les structures qui « lâchent » sont les vaisseaux sanguins du pied, plus exactement les capillaires, c’est-à-dire les vaisseaux sanguins les plus fins de l’organisme, encore plus fins qu’un cheveu (le diamètre d’un capillaire est de moins de 10 microns, soit moins d’un centième de mm !).

On comprend alors que les causes multiples citées dans le point précédent (« les causes ») peuvent aboutir, d’une manière ou d’une autre, à un problème sanguin, et c’est ce problème vasculaire-là qui donnera la fourbure et toutes ses complications.

Causes et complications de la fourbure chez le cheval, l'âne ou le poney

 

 

7. Divers types d’atteintes des vaisseaux sanguins sont possibles

 a)  vasodilatation et manque de tonicité des vaisseaux :

Pour plusieurs raisons, les vaisseaux sanguins peuvent manquer d’élasticité et de tonicité : l’âge, l’alimentation, le stress, la fatigue,….

La conséquence, c’est qu’au niveau des membres, le sang artériel va facilement descendre vers le bas, aidé par la gravité, mais les veines manquant de tonicité vont avoir du mal à faire remonter le sang veineux vers le haut, pour le retour vers le cœur.

Il y a bien des valvules dans les veines, pour empêcher le sang de redescendre vers le bas, mais ce n’est pas suffisant si les veines sont vraiment trop peu toniques, voire flasques.

Il va alors y avoir des dilatations veineuses, sortes de petites poches dans lesquelles le sang va stagner.

Cette stase veineuse favorise la sortie de liquide hors des vaisseaux : c’est ce qu’on appelle l’extravasation vasculaire.

Ce liquide hors des vaisseaux va alors provoquer un œdème localisé, gonflant d’autant la région, ce qui est problématique dans le pied du cheval, puisqu’il est enfermé dans un sabot peu dilatable.

Le début de la fourbure commence donc par une sorte d’insuffisance veineuse.

 

Veine dans sabot

Veines normales, avec parois toniques :
le sang y circule du bas vers le haut, pour
remonter des pieds vers le cœur, sans dilatation veineuse.

 

 

 

 

Veine dilatée lors d'une fourbure

Veines dilatées par manque de tonicité.
Notez que le sang a des reflux vers le bas, accentuant
la dilatation et la stase veineuse, favorisant l’extravasation
sanguine (sortie du liquide hors des vaisseaux).
Les zones périphériques vont alors être comprimées.

 

 

 

Si tout cela se passe dans le pied qui est enfermé dans un sabot trop peu extensible, on comprend alors les symptômes de la fourbure :

•  la douleur suite à l’augmentation de pression dans le pied, conséquence de plusieurs « gonflements » : la dilatation et la stase veineuse, ainsi que l’œdème suite à l’extravasation

•  la douleur due aux autres structures périphériques présentes dans le pied qui sont comprimées

•  la chaleur du pied, car la vasodilatation et la stase veineuse correspondent à une grande quantité de sang localisée, donc une chaleur locale plus intense

•  le pouls digité plus important, pour compenser le problème circulatoire dans le pied (pour augmenter la pression et tâcher de relancer la circulation).

 

On comprend maintenant pourquoi les traitements « rafraîchissant » le pied soulage bien le cheval fourbu (bain d’eau fraîche,…).

Mais attention : si l’eau est trop froide, il peut y avoir un choc thermique faisant plus de mal que de bien (avec vasoconstriction brutale, ce qui n’est pas bon sur des vascularites : voir point suivant).

 Comparaison :
Ce problème est similaire à celui que connaissent certaines personnes, notamment les femmes, puisqu’il ressemble au phénomène de « jambes lourdes » et gonflées, avec problèmes circulatoires, stase veineuse, œdèmes localisés, vasodilatation pouvant donner des varices,…
Mais chez le cheval, tout se concentre dans le pied, emballé dans un étui corné non dilatable (ou si peu), rendant d’autant plus douloureux ce gonflement des extrémités. En effet, si un humain a les jambes et surtout les pieds qui gonflent dans des baskets, c’est douloureux mais comme ces chaussures sont « dilatables », les pieds ne font pas trop mal et peuvent « s’étaler » dans les baskets.
Mais si vous avez les pieds qui gonflent dans des sabots en bois bien rigides, vos pieds vont être très comprimés et vous allez vraiment ressentir la douleur. C’est ce que le cheval ressent dans ses sabots, qui sont des structures dures et assez rigides.

(NB : les sabots peuvent un peu se dilater, mais pas assez par rapport aux distensions internes causées par l’augmentation de liquide dans le pied, et donc l’augmentation de pression).

b)  les vascularites :

La paroi des vaisseaux sanguins s’appelle l’endothélium. Cette membrane délimitant les vaisseaux est très fine, car elle n’est constituée que d’une seule couche de cellules. En effet, cela permet les échanges d’oxygène et de nutriments entre le sang et les divers tissus irrigués.

Mais quand les vaisseaux sont dilatés, les endothéliums sont distendus, donc plus fragiles.

Ils peuvent ainsi laisser passer plus de liquide hors des vaisseaux (c’est l’extravasation vue plus haut).

Ils peuvent aussi se rompre plus facilement, provoquant alors 2 conséquences :

• des micro-hémorragies locales (au niveau des capillaires notamment), ce qui explique les hématomes que l’on peut avoir dans le pied

• des tissus en aval non irrigués, ce qui conduit à leur ischémie (manque d’oxygène), puis à leur nécrose.

 Comme ces dégâts vasculaires sont conséquents, les signaux d’alarme sont envoyés à l’organisme pour « réparer » : l’inflammation débutante prend de l’ampleur.

Malheureusement, si elle part d’une bonne intention, l’inflammation fait souvent plus de dégâts que prévu, envenimant souvent plus la situation que ne la rétablissant !

En effet, en plus d’un apport considérable de cellules (globules blancs, macrophages,…. augmentant d’autant la pression locale !), il y a des phénomènes de vasodilatation supplémentaire pour apporter ces cellules inflammatoires, ainsi que des vasoconstrictions contre-réactives localisées, augmentant encore plus les zones qui ne sont plus irriguées, ce qui amplifie les nécroses locales.

Ce déséquilibre vasodilatation-vasoconstriction va conduire à des nécroses, et même des déstructurations du pied (basculement de la 3° phalange, perte du sabot,…).

Il existe aussi une voie qui est de plus en plus étudiée, provoquant des vascularites « à distance ».

En effet, quand le foie a des problèmes de surcharge, un mécanisme particulier est enclenché (« la voie des polyols » est activée), provoquant des inflammations des parois vasculaires. Et la localisation de ces vascularites peut se trouver dans le pied, puisqu’elles touchent d’abord les capillaires.

Enfin, comme l’endotoxémie est une cause de fourbure, on peut bien comprendre que les toxines du sang ont une action d’autant plus délétère sur les endothéliums que le flux sanguin est ralenti suite à la stase veineuse. Et quand les micro-hémorragies apparaissent suite aux ruptures des capillaires fragilisés, les toxines sont diffusées du sang vers les structures périphériques et elles s’attaquent alors aux tissus environnants, aggravant les nécroses localisées.

Donc les vascularites peuvent entre autre être dues à :

•  la distension des parois des vaisseaux suite à la vasodilatation et le manque de tonicité des veines

•  l’inflammation conséquente de cette stase veineuse

•  l’inflammation provoquée par les problèmes de foie (« la voie des polyols »)

•  les éventuelles toxines transportées dans le sang.

 Tous ces phénomènes vasculaires ont des conséquences circulatoires et tissulaires graves, entraînant le pied dans un cercle vicieux qui mène vers un état de déséquilibre le plus total !

Et c’est ce qui se passe dans la fourbure : la situation se dégrade toute seule, entraînant l’organisme dans une espèce de spirale infernale, aggravant malheureusement plus les choses qu’il ne les rétablit.

 c)  un sang de composition anormale et de consistance problématique :

Qu’elle soit la cause du problème (par exemple en cas de déshydratation) ou la conséquence de la stase veineuse (provoquant la sortie du liquide hors des vaisseaux, donc rendant le sang moins fluide), la composition du sang et sa « texture » change avec hémoconcentration localisée.

En plus de cette hémoconcentration, l’augmentation du nombre de cellules inflammatoires va rendre le sang encore plus épais et plus visqueux, ressemblant alors plus à de la confiture que du sang.

Il circulera alors encore moins bien dans des vaisseaux qui connaissent déjà gros problèmes de circulation, compliquant le tableau.

Et la conséquence finale de cette viscosité sanguine anormale est l’arrêt quasi totale de la circulation sanguine dans le pied.

Comme le podophylle et le kératophylle, normalement très irrigués, ne sont plus desservis par le sang, ces structures vont se nécroser et se désolidariser. C’est le risque de la perte du sabot (« désabotage » ; c’est comme si  le pied « perdait sa chaussure »).

Certains traitements consistent à fluidifier le sang, mais ce n’est pas une bonne idée car un sang trop fluide risque de provoquer des hémorragies, suite à la rupture des vaisseaux enflammés (rupture suite à vascularite, voir plus haut). Ces hémorragies vont donc accroître les dégâts et augmenter la pression dans le pied.

 d)  les immuns-complexes :

toute infection par un pathogène (bactéries, virus, parasites) entraîne une réaction de défense de l’organisme. De grosses cellules immunitaires sont alors chargées d’attaquer ces intrus. Une fois ces microbes morts, d’autres cellules doivent nettoyer le site infectieux et se débarrasser de ces corps étrangers. Il y a alors formation d’immuns-complexes, c’est-à-dire de grosses molécules (associant une molécule immunitaire du cheval et un microbe détruit).

Le problème, c’est que ces grosses molécules sont transportées dans le sang pour être éliminés de l’organisme, en passant notamment par les plus petits vaisseaux du corps : les capillaires.

Or comme elles sont grosses, elles se bloquent souvent dans ces capillaires, les bouchant et les empêchant d’irriguer correctement les zones en aval.

De petites ischémies (manque d’oxygène) vont alors provoquer des nécrose de ces zones qui ne sont plus irriguées.

 

8. Des conséquences catastrophiques

Les conséquences si néfastes de ces problèmes vasculaires s’expliquent entre autre par le fait que les capillaires du podophylle et du kératophylle sont aussi touchés, or on a vu l’importance de l’intégrité de ces structures, garantissant la solidité de l’extrémité digitée du cheval, ainsi que « l’adhérence » entre le pied et le sabot qui l’entoure.

Si ces 2 structures sont nécrosées, elles se désolidarisent et il y a perte du sabot.

Le basculement de la 3° phalange peut s’expliquer par le fait que les tissus du pied étant nécrosés, il y a dégradation de tous les tissus de soutien et des structures qui maintiennent tout en place dans le pied (tendons, ligaments,…). La 3° phalange n’étant plus maintenue en place par les structures entourantes, elle va basculer (notamment suite à la traction purement mécanique du tendon perforant), allant jusqu’à la perforation de la sole.

La déstructuration du pied est alors totale et irrémédiable.

 

9. Les médicaments classiques

Habituellement, on utilise des anti-inflammatoires, de préférence non stéroïdiens. S’ils sont indispensables pour diminuer l’inflammation, dès que cette dernière est supprimée, ils n’aident pas les vaisseaux sanguins à se refaire, ni les structures détruites à se réparer.

De plus, leur utilisation à long terme peut avoir des effets secondaires, dont des conséquences au niveau de l’estomac.

Les anticoagulants peuvent aider le cheval fourbu, mais ils sont à utiliser avec parcimonie, et pas trop longtemps au risque de provoquer des hématomes dans le pied. De plus, si les dégâts vasculaires sont déjà très importants, leur utilisation peut carrément être contre-indiquée, d’où la controverse liée à leur usage.

Les dérivés nitrés ou autres médicaments à action vasodilatatrice sont aussi à double tranchant : comme ils favorisent la vasodilatation, ils sont utiles si la vasoconstriction prédomine, mais déconseillés si la vasodilatation est la plus important, car cela va augmenter la pression, et donc la douleur dans le pied.

La cryothérapie peut être un peu brutale, mais comme les bains d’eau froide, cela part d’une bonne intention, à savoir la vasoconstriction pour resserrer les tissus dans le pied, diminuant directement la pression dans le sabot. Néanmoins, ce n’est pas à conseiller trop longtemps, car cela peut empêcher la régénération des tissus.

 

10. Les types de plantes pouvant aider un cheval fourbu

Par chance, la médecine naturelle nous met à disposition beaucoup de plantes agissant directement ou indirectement sur les vaisseaux sanguins et le sang, pour une action rapide et très ciblée des structures les plus atteintes lors de la fourbure (voir ce qui est écrit en rouge dans le tableau précédent).

En terme de phytothérapie, la fourbure est une « maladie de surcharge« , c’est-à-dire qu’elle est la résultante d’un organisme qui est dans le « TROP » (trop de nourriture, une nourriture trop riche, trop de graisse, trop de poids,…).

L’aide que l’on peut apporter au cheval vise alors la décharge des organes surchargés et déséquilibrés (foie, tube digestif, poids,….) grâce à des plantes qui agiront à différents niveaux et sur différents organes, pour offrir une aide complète, drainante, rééquilibrante et « soulageante » de cette surcharge.

De fait, il existe de très nombreuses plantes aux propriétés intéressantes et agissant de façon complémentaire pour ce type de maladie, permettant de faire le phytomélange « Prévention de la fourbure « ,  très efficace pour ce problème.

Les plantes utilisées dans ce mélange aident aussi l’organisme à réparer les structures détruites (capillaires, tendons, tissu conjonctif,…), ce qui est efficace sur le long terme puisque cela repousse d’autant une éventuelle récidive.

Et contrairement aux médicaments, l’action des plantes est plus nuancée et moins brutale, ce qui est indispensable dans la fourbure, où l’on cherche à rééquilibrer la situation.

De plus, les résultats obtenus avec les plantes se font « sur le fond » et dans la durée, évitant donc les récidives. On a donc bien la prévention recherchée.

 Comparaison :

Si on compare la fourbure à un incendie, les médicaments classiques – notamment les anti-inflammatoires – sont comme les pompiers qui viennent éteindre le feu.
Mais quand ces derniers repartent, ils laissent les dégâts tels quels, sans rien réparer.
C’est là que les plantes sont comparables aux ouvriers qui, après l’incendie, viennent réparer les dégâts occasionnés par le feu, en refaisant les murs, les plafonnages, les peintures,…. de façon à restaurer intégralement les structures et leurs fonctions normales.

 

Voici les types de plantes :


1) Plantes consolidant et renforçant les vaisseaux sanguins (endothéliums), leur redonnant ainsi une bonne structure :

Des plantes permettent à l’organisme de réparer et de renforcer l’endothélium (la membrane constituant le vaisseau sanguin). Si la membrane du vaisseau sanguin est de bonne constitution, elle va moins vite souffrir de stase veineuse et d’inflammation (moins de vascularite).

Exemples : plantes à bioflavonoïdes telles que les zestes d’agrumes, le marron d’Inde, la feuille de cassis, la myrtille, la vigne rouge,…

2) Plantes veinotoniques :

Comme leur nom l’indique, l’action de ces végétaux est de consolider la musculature lisse entourant les vaisseaux sanguins, leur permettant de retrouver leur tonicité et leur élasticité. Ainsi, les vaisseaux peuvent être plus réactifs et plus efficaces quant à leur action en fonction des besoins du pied de l’animal (vasodilatation ou vasoconstriction selon les besoins, avec modération de ces actions, pour éviter tout spasme, toute constriction trop importante ou toute contre-réaction disproportionnée).

Cela permet aussi de limiter, voire de supprimer la stagnation du sang en bas du pied (à cause de la gravité), en étant suffisamment tonique que pour assurer, via les veines et leur système de valvules, le flux de retour vers le haut (donc pour lutter contre la gravité). Si les vaisseaux sanguins sont très toniques et peuvent bien remplir leurs fonctions, le sang va bien descendre dans le pied pour l’irriguer, puis va bien remonter vers le cœur par la voie veineuse.

Il n’y a alors plus de vaisseaux dilatés dans le pied, et donc plus d’extravasation (fuite de liquide hors des capillaires), et donc plus d’œdème, ni de surpression dans le pied, ni de fourbure.

Exemples : plantes à bioflavonoïdes telles que les zestes d’agrumes, le marron d’Inde, la feuille de cassis, la myrtille, la vigne rouge,…

3) Plantes pour réguler le système de vasodilatation – vasoconstriction :

Pour relancer la circulation sanguine du pied, il faut évidemment favoriser l’ouverture des vaisseaux sanguins (même si on sait que la vasodilatation va augmenter temporairement la pression dans le pied), en évitant la vasoconstriction contre-réactive.

Le mieux est encore de travailler « dans la nuance » avec des plantes régulant la musculature lisse (donc les muscles entourant les vaisseaux et responsables des dilatations et des contractions).

L’altération vasculaire et les dysfonctionnements seront ainsi minimisés, la situation revenant alors  progressivement sous contrôle.

Exemples : la feuille de cassis, la mélisse, la mauve,…

4) Plantes diminuant l’œdème :

Certaines plantes ont la faculté de favoriser l’élimination de l’œdème. En l’incorporant à notre phyto-préparation, l’œdème situé dans le pied va être évacué, diminuant très vite l’excès de pression dans l’extrémité. Cela permet de diminuer fortement et rapidement la douleur et le cheval sera ainsi promptement soulagé.

5) Plantes diurétiques :

Dans la même idée d’éliminer l’œdème, les plantes à action diurétique augmentent le drainage des reins, concourant donc à la diminution de liquide, et donc de pression et de douleur dans le pied. Leur action rapide et très efficace n’est plus à démontrer.

Exemples : le pissenlit, l’orthosiphon, le lespédéza,…

6) Plantes fluidifiant le sang :

Comme on l’a vu dans la pathogénie, la composition et la « texture » du sang joue un rôle compliquant la fourbure. En agissant sur sa consistance, notamment en fluidifiant un peu le sang grâce à certaines plantes et à certains nutriments, on permet à la circulation de reprendre, pour relancer la distribution de sang dans les tissus encore sains.

Mais il y a un bémol : il ne faut pas trop abuser de ce type de plantes, car le risque sera alors de trop fluidifier le sang. Or, avec des vaisseaux sanguins pas encore réparés et « colmatés », cela peut provoquer des hématomes dans le pied, aggravant alors la fourbure au lieu de la diminuer.

Exemples : la reine-des-prés, le saule blanc,…

7) Plantes anti-inflammatoires :

L’inflammation aggrave fortement la fourbure, il faut donc à tout prix la diminuer, voire la stopper. Les plantes à action anti-inflammatoire sont connues, reconnues et leur efficacité est redoutable.

De plus, leur utilisation n’a pas d’effet secondaire sur le tractus digestif, contrairement aux médicaments à même action.

Exemples : la feuille de cassis, l’harpagophytum, la reine-des-prés, le saule blanc,…

8) Plantes, nutriments et probiotiques corrigeant et rééquilibrant le système digestif :

D’une façon directe ou indirecte, l’intégrité du système digestif joue un rôle essentiel dans le retour à une situation normale le plus vite possible, pour favoriser la convalescence et la récupération de l’animal. Plusieurs types de plantes aident ce système à revenir à la normale, en agissant à différents niveaux (péristaltisme, fermentation, rééquilibrage de la flore intestinale, régulation,….).

Exemples : probiotiques adaptés pour le cheval, la mélisse, les vitamines du groupe B,…

9) Plantes drainantes du foie et des reins :

Le drainage des reins est nécessaire pour éliminer l’œdème du pied (voir Point 5).

Le drainage du foie est aussi important, notamment par le rôle de cet organe dans le système digestif et le système d’élimination des toxines et autres déchets métaboliques.

Pour rappel, la fourbure est une maladie de surcharge ; décharger les émonctoires que sont le foie et les reins est donc une action indispensable.

Enfin, le drainage du foie permet d’éviter la stimulation de la « voie des polyols » (favorisant les vascularites et aggravant la fourbure).

Exemples : artichaut, radis noir, chardon-marie, desmodium, fumeterre, pissenlit, orthosiphon,…

10) Plantes et nutriments permettant d’éliminer mieux les toxines :

En plus des plantes drainantes du foie, certains nutriments favorisent le métabolisme hépatique, l’aidant à éliminer les toxines transportées par le sang. Ils contribuent donc aussi au « nettoyage » du sang et donc à la récupération de l’animal. Pour rappel, les toxines sanguines peuvent causer ou compliquer la fourbure.

11) Et d’autres plantes aidant les structures internes du pied à se réparer et se renforcer :

Toutes les structures internes du pied étant touchées lors de la fourbure, il est utile de leur apporter des nutriments pour pouvoir se réparer. Ainsi, des plantes aidant les ligaments, les tendons, les cartilages, les os,…. ont leur rôle dans le phyto-mélange.

=>  Comme le processus de la fourbure s’installe via un problème vasculaire (et sanguin), en agissant sur cet axe-là – même en faisant fi de la cause primaire, parfois difficile à déterminer – on arrive à aider un cheval fourbu avec des résultats vraiment stupéfiants (l’idéal étant bien sûr de traiter AUSSI la cause primaire, ne fût-ce que pour éviter une future réapparition).

Grâce à toutes les plantes ayant des actions complémentaires et pouvant être combinées, on peut obtenir un phyto-mélange de plantes extrêmement efficace pour aider un cheval fourbu, voire pour éviter l’apparition de la maladie chez les animaux à risque, puisque l’efficacité de ce mélange « Prévention de la fourbure » a  une activité durable dans le temps.

 

11. Prévention de la fourbure

Bien gérer l’alimentation est primordial chez les équidés.

Pour cela, on peut mettre en place plusieurs mesures simples :

•  la prévention la plus efficace est celle de donner la préparation de plantes « Prévention de la fourbure « , pour aider les vaisseaux sanguins et les capillaires à se consolider et se renforcer, évitant ainsi toute récidive trop rapide et/ou trop grave

•  ne pas donner trop à manger, ne pas le « gaver » de grains (sans le sous-nourrir pour autant !)

•  procéder éventuel à un petit régime si l’animal est en surpoids (MAIS le faire maigrir lentement car « tout kilo lentement perdu est un kilo définitivement perdu » !)

•  vermifuger très régulièrement l’animal, en changeant de molécules (3 à 4 x/an)

•  faire très attention à bien procéder à une transition alimentaire pour tout nouvel aliment (donner le nouvel aliment en toutes petites quantités pendant quelques jours, le temps que les intestins et la flore intestinale s’y habituent)

•  donner du foin quand il y a de la jeune herbe bien verte

•  procéder au parcellement des prés s’ils sont trop riches en herbe trop verte, voire fermer le cheval 2 ou 3 heures par jour le matin, en lui donnant du foin

•  être bien attentif à éviter ou rectifier tout désordre digestif, notamment grâce à la préparation de plantes « Equilibre digestif  « , surtout chez les chevaux sensibles au niveau digestif

•  drainer le foie 1 à 2 fois par an (printemps et automne), avec la préparation « Drainage du foie  » sous forme sirop ou sous forme de poudre de plantes

•  on peut aussi drainer l’organisme après une maladie quelle qu’elle soit, pour « nettoyer » le corps de tous les déchets produits et des médicaments donnés

•  donner une préparation de graines de lin 2 fois par mois à titre préventif (voir « Recette de graines de lin » sur le site), pour calmer l’inflammation de l’estomac (gastrite) provoquée par les larves de mouches gastérophiles ou par la « flambée » de l’acidose provoquée par la digestion d’une nourriture trop riche

•  veiller à soigner rapidement toute blessure à un pied

•  déferrer est conseillé car cela peut soulager le cheval (ou, a contrario, envisager une ferrure spéciale)

• parfois, les bains de pied d’eau fraîche peuvent soulager l’animal, même si cela ne traite pas la cause.

 

12. Conclusion

Comme on vient de le voir dans cet article, si les causes sont très diverses, la fourbure est plurifactorielle, menant à un état pouvant se résumer à un problème vasculaire, ce qui facilite grandement la recherche de solutions phytothérapeutiques.

De même, comme on peut gérer préventivement beaucoup de problèmes provoquant un désordre vasculaire, cela permet à la fourbure d’être une maladie pouvant être efficacement évitée. Dans la fourbure, la prévention est la meilleure solution.

Même si tout animal sujet à la fourbure ne pourra pas toujours « échapper à son destin », on peut cependant bien l’aider à le détourner de cette maladie.

Sans vouloir donner de faux espoirs aux propriétaires d’animaux fourbus, il faut que l’on sache que les plantes sont vraiment l’une des solutions les plus efficaces pour les troubles vasculaires, surtout à titre préventif, puisqu’on renforce les vaisseaux sanguins.

Et l’expérience de Phyto-animaux grâce à sa phyto-préparation  « Prévention de la fourbure «  l’a prouvé, au vu de tous les chevaux, ânes et poneys qui sont aujourd’hui à l’aise dans leurs pieds.

 

Dr. Ariane

Phyto-animaux

 

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