8. Concrètement : quelles sont les solutions faciles pour les animaux ?

 

 

En ayant bien en tête les diverses formes de plantes utilisables en phytothérapie (lire le Chapitre 6 : « Les plantes de phytothérapie : sous quelles formes ? »), on peut alors choisir les formes d’administration les plus adéquates pour les animaux.

 

               

 a.   Le mélange de plantes sèches :

Pour les animaux, c’est la meilleure solution car c’est la formule la plus facile, la plus pratique, la plus efficace et la moins chère.

Cela permet de choisir les plantes qui conviennent à la maladie, en adaptant exactement le choix de ces plantes aux diverses actions recherchées.

Par exemple :
en cas de tendinite avec oedème, on va mélanger une plante anti-inflammatoire, avec une plante diurétique (drainage rénal), une plante anti-oedème, et une plante redonnant de l’élasticité aux tendons.

Pour être le plus efficace possible, il faut de préférence connaître la cause du problème, et éventuellement comprendre la façon dont la pathologie s’installe (on appelle cela la pathogénie). Cela permet de choisir les plantes qui pourront freiner ou bloquer ces processus menant à la maladie, ou même cela pourra parfois empêcher la cause d’apparaître.

Exemple :
si un animal fait des tendinites à répétitions suite à un manque d’élasticité des tendons, on pourra empêcher le problème en redonnant de la souplesse à ces structures élastiques.

Le fait qu’énormément de plantes existent sous forme de poudres sèches offre un nombre de possibilités quasi illimité pour l’élaboration de compléments alimentaires adaptés à presque toutes les situations. Et c’est une forme d’autant plus intéressante que la plupart des nutriments sont aussi sous une forme sèche, ce qui permet de combiner phytothérapie et micronutrition dans un même mélange, augmentant nettement l’efficacité du remède.

C’est une formule très avantageuse quand on a un animal qui cumule les maladies, car les traitements peuvent s’additionner dans une même phyto-préparation.

Exemple :
si votre vieux chien atteint d’arthrose a un foie un peu fatigué et qu’il a un léger oedème pulmonaire, il peut bénéficier d’un seul mélange de plantes qui l’aidera pour ces 3 pathologies. En effet, on associera des nutriments et des plantes qui aideront son arthrose, draineront son foie et seront diurétiques pour diminuer oedème. De plus, comme elle est composée de plantes, contenant donc des substances naturelles, cette phyto-préparation ne surchargera pas son organisme.

La prise quotidienne est relativement aisée car la quantité de poudres à avaler chaque jour n’est pas importante et qu’elle peut être mélangée à la nourriture (pâté, ration maison,…).

La conservation de cette forme est longue si on garde ces mélanges de préférence dans des pots en verre, à l’abri de l’humidité.

 

b.    Les tisanes et décoctions :

Il s’agit de faire infuser une plante ou un mélange de plantes dans de l’eau chaude, la décoction durant un peu plus de temps que l’infusion car elle concerne des plantes de forme plus « solide » (branchages, racines,…).

A cause de l’odeur et du goût fortement augmentés dans les formes tisanes ou décoctions (à cause de la chaleur de la préparation), ces 2 procédés sont à éviter chez les animaux.

Ces formes obligent à des manipulations plus importantes et une contrainte de temps non négligeable pour un traitement quotidien (chauffer l’eau, attendre l’infusion, attendre que cela refroidisse,…).
La durée de conservation de ces préparations est très limitée car elles doivent être consommées dans les 2 à 3 heures qui suivent. De plus, on ne peut pas les conserver pour le lendemain – même au frigo – car l’eau favorise la multiplication microbienne rapide.

Enfin, les plantes utilisables pour cette forme (feuilles grossièrement coupées, fleurs plus ou moins volumineuses, racines en morceaux,…) sont plus volumineuses et plus difficiles à conserver que les poudres sèches.

Donc pour résumer, cette formule est à oublier pour les animaux car elle est peu pratique et accumule les désavantages : manipulation importante, contrainte de temps, conservation ultra-limitée, goût et odeur trop fortes pour les animaux, plantes plus difficiles à garder,…

 

              

c.   Le sirop d’EPS :

Il s’agit du même principe que le mélange de plantes sèches, mais sous une forme différente : les extraits glycérinés.

Le mélange de plantes constitue alors un sirop plus ou moins facile à faire avaler, car il se mélange difficilement à la ration et il faut donc le faire avaler à la seringue.

Chez le chat, cette forme est très problématique car il n’apprécie pas d’être forcé à avaler un sirop souvent trop fort pour lui. C’est la même remarque pour un chien ou un cheval qui ne se laissera pas faire.

Comme il s’agit d’une forme liquide, on ne peut pas envisager de l’additionner à des nutriments (sous forme de poudres), ce qui empêche la complémentarité pratique de la phytothérapie et de la micronutrition dans un même remède.

Les désavantages de cette solution sont divers : goût souvent trop fort, palette de choix de plantes limitée, coût relativement élevé (par rapport aux poudres sèches) et difficulté de s’approvisionner en petites quantités, difficulté à l’utiliser chez le chat ou chez tout …

Néanmoins, c’est une alternative à éventuellement essayer puisque les solutions phytothérapeutiques ne sont pas nombreuses pour nos animaux.

 

            

d.   Les pommades ou les solutions huileuses avec des huiles essentielles :

Elles sont à réserver pour un usage externe uniquement.
Leur efficacité est très grande si le choix des HE est judicieux et adaptée à la maladie à traiter.
Mais comme beaucoup d’HE sont toxiques, dermocaustiques,… il vaut mieux bien se renseigner ou utiliser des préparations vétérinaires sûres.

Comme l’usage des HE relève de l’aromathérapie, une branche plus spécifique de la phytothérapie, les conseils et les précautions d’utilisation sont développées plus en détails dans le Chapitre 11 : « Les huiles essentielles en aromathérapie : des précautions importantes ».

 

 

Les autres formes de plantes sont à oublier car trop peu pratiques pour diverses raisons chez les animaux.

(voir le Chapitre 6 : « Les plantes de phytothérapie : sous quelles formes ? »).

 

 

Dr. Ariane

Phyto-animaux

 

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